Le médecin ou la pharmacie vient de vous confier un boîtier avec quelques capteurs, une nuit d’enregistrement à faire chez vous, et pas toujours un mode d’emploi rassurant sous la main. Poser un appareil de polygraphie ventilatoire n’a rien de compliqué une fois qu’on connaît l’ordre des gestes. Voici comment procéder capteur par capteur, ce qu’il faut vérifier avant de vous coucher, et ce qu’il faut faire si quelque chose se détache pendant la nuit.
Avant de poser l’appareil, deux minutes utiles
Quel appareil allez vous porter
Le dispositif le plus courant en France pour dépister le syndrome d’apnées hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) associe un petit boîtier électronique, deux sangles (thoracique et abdominale), une canule nasale et un oxymètre au doigt et au poignet. C’est celui décrit dans ce guide.
Selon le prescripteur, vous pouvez aussi recevoir un modèle plus simple, un capteur unique porté au poignet ou au doigt, sans sangle ni canule. Dans ce cas, fiez vous à la notice fournie avec l’appareil : le montage des capteurs y est déjà expliqué et ne suit pas les étapes ci dessous.
Ce qu’il faut faire avant de vous coucher
Quelques réglages simples améliorent nettement la qualité de l’enregistrement.
Évitez l’alcool et la caféine ce soir là, ils modifient le rythme respiratoire et faussent les résultats. Ne faites pas de sieste dans la journée, pour vous endormir à l’heure habituelle. Optez pour un pyjama ou un tee shirt à manches courtes, amples, plutôt qu’un vêtement serré ou en tissu épais. Retirez vernis à ongles, faux ongles et bijoux du côté où sera posé le capteur d’oxymétrie. N’appliquez ni crème ni gel capillaire sur le torse ou les cheveux, cela gêne la fixation des sangles et de la canule. Prenez vos traitements habituels, sauf avis contraire de votre médecin.
Étape par étape, la pose de l’appareil
Le boîtier et les sangles thoracique et abdominale
Clipsez d’abord le boîtier au niveau du col de votre pyjama ou tee shirt, à l’aide des pinces prévues. Vérifiez qu’il repose sur le thorax et que le câble destiné à l’abdomen descend bien jusqu’au nombril.
Fixez ensuite la sangle thoracique derrière le boîtier, faites en le tour de votre buste et clipsez les deux connectiques restantes. Procédez de la même façon avec la sangle abdominale, au niveau du nombril, connectiques tournées vers vous.
La canule nasale
Insérez délicatement les deux petits embouts à l’intérieur des narines. Passez le câble derrière les oreilles, comme des lunettes, puis resserrez le sous le menton sans trop tirer. Un petit morceau de ruban adhésif posé sur la joue maintient la canule en place toute la nuit.
Le capteur d’oxymétrie
Attachez l’oxymètre au poignet comme une montre, du côté opposé à votre main dominante si possible, cela limite la gêne pendant le sommeil. Glissez ensuite l’index ou l’annulaire dans le capteur en pince, en vérifiant que le bout du doigt ne dépasse pas. Un ruban adhésif léger sur le fil évite qu’il ne s’accroche dans les draps.
| Élément | Emplacement | Repère pratique |
|---|---|---|
| Boîtier | Col, sur le thorax | Câble abdominal orienté vers le nombril |
| Sangle thoracique | Autour du buste | Connectiques bien clipsées, ni trop serrées ni lâches |
| Sangle abdominale | Autour du nombril | Connectiques tournées vers vous |
| Canule nasale | Narines, passée sous le menton | Fixée à la joue avec un ruban adhésif |
| Oxymètre | Poignet et doigt (index ou annulaire) | Bout du doigt visible, câble scotché |
Un capteur se détache pendant la nuit, faut il se relever
C’est la question qu’on m’a le plus souvent posée au comptoir, en remettant l’appareil à un patient inquiet à l’idée de rater son unique nuit de test. La réponse rassure généralement tout le monde : non, il n’est pas nécessaire de se relever entièrement ni de rallumer toutes les lumières.
Si vous sentez la canule ou un capteur glisser, repositionnez le rapidement dans le noir, en vous fiant au toucher, puis rendormez vous. Une brève interruption de quelques minutes n’invalide pas l’examen : les logiciels d’analyse tiennent compte des périodes sans signal.
En revanche, si un capteur reste décroché une bonne partie de la nuit, prévenez la pharmacie ou le service qui vous a remis l’appareil dès le retour du matériel. Le médecin décidera alors si l’enregistrement reste exploitable ou s’il faut refaire une nuit de test, ce qui arrive, sans que ce soit un échec de votre part.
Le matin, retirer l’appareil et le rapporter
Retirez le matériel dans l’ordre inverse de la pose : oxymètre, canule, puis sangles et boîtier. N’éteignez pas l’appareil vous même sauf indication contraire, il enregistre parfois encore quelques données au réveil.
Le boîtier est ensuite rapporté à la pharmacie, au cabinet ou au prestataire qui vous l’a confié, en général dans les 24 heures. Les données sont transférées puis analysées par le médecin du sommeil, un délai de quelques jours à quelques semaines selon les structures.
Comprendre son résultat, l’index IAH en un coup d’œil
Le compte rendu que vous recevrez met en avant l’index d’apnées hypopnées (IAH), qui exprime le nombre de pauses respiratoires par heure de sommeil. La Haute Autorité de Santé retient les seuils suivants pour qualifier la sévérité du SAHOS.
| IAH | Interprétation |
|---|---|
| Moins de 5 | Pas de SAHOS |
| Entre 5 et 15 | SAHOS léger |
| Entre 15 et 30 | SAHOS modéré |
| Plus de 30 | SAHOS sévère |
Ce chiffre seul ne suffit pas à poser un diagnostic ni à décider d’un traitement. Seul le médecin qui a prescrit l’examen peut le mettre en perspective avec vos symptômes et vous orienter, éventuellement vers un examen plus complet en cas de doute.
Dans quels cas rappeler son médecin sans attendre les résultats
Certains signes ne doivent pas attendre le rendu du compte rendu. Si votre entourage a constaté des pauses respiratoires accompagnées d’un teint bleuté, si vous ressentez une douleur thoracique la nuit du test, ou si une somnolence sévère vous a mis en danger au volant dans les jours qui ont suivi, contactez votre médecin sans délai. Chez un enfant, des pauses respiratoires avec changement de couleur du visage justifient un avis médical rapide, y compris avant le rendu des résultats.
Pour toute question sur la pose de l’appareil le soir même, votre pharmacien reste joignable et connaît généralement bien ce type de matériel : n’hésitez pas à l’appeler avant de vous coucher plutôt que de rester bloqué devant une sangle mal clipsée.
